Le contexte n'est pas toujours bien compris lorsque l'on parle de combat, de compétition en MMA, mais on en parle souvent au club. Je suis pragmatique, alors, j'en fais un discours assez explicite à travers mon enseignement au club, ou lors des stages que j'anime. Il s'agit de bien différencier le sport professionnel qui attire, alors que le sport amateur en MMA est avant tout celui pratiqué en club.

Comment combattre pour gagner ?
J'entends souvent en début de saison ou lorsqu'un nouveau venu se présente au club, l'injonction « Je veux combattre et gagner ! ». Avant d'y parvenir, la question se pose : comment y parvenir ?
À cette question, les jeunes n'y voient probablement pas le sens équivoque, l'amalgame que provoque la phrase associant les termes « combattre » et « gagner » à l'idée simple et immédiate de souhaiter les deux en même temps, alors que pour gagner, le seul fait de vouloir ne suffit pas à obtenir ce résultat in facto.
Je m'explique. Nous avons dans le verbe "vouloir" la notion de souhait, du désir de faire quelque chose. Gagner ne s'obtient pas par ce biais, alors que combattre demande peu en soi, un effort minime. Sur une simple envie, expression basique de la motivation, c'est alors que l'élève débarque à l'entraînement du samedi dédié au sparring (combat d'entraînement) sans se soucier de son absence durant la semaine ou la quinzaine précédente. Et pour combattre en compétition, ce même élève est capable de reproduire ce schéma, que j'appelle « effet réseaux sociaux », la capacité de se présenter sans avoir eu la préparation, ni les entraînements spécifiques pour cela, s'identifiant à l'univers des images, des storys, des reel, planté là derrière l'écran qui ne montre pas le réel effort à fournir de la progression nécessaire sur les gammes et les transitions afin d'être performant le jour de la compétition.
La cerise sur le gâteau
Le terme préparation est fondamental et il s'associe avec le verbe pouvoir.
Vouloir ne permet pas la mise en place des ressources, des séquences progressives hebdomadaires que constituent une prépa. La sueur doit couler à flots durant des heures d'entraînements, c'est la nature même du compétiteur, un sportif qui donnera plus que le pratiquant de sport loisir. Ainsi il deviendra performant. Pas uniquement en combat, ce précepte s'applique à tous les sports techniques qui requièrent de surcroît un gros physique (endurance, résistance, force), à l'exemples des athlètes du MMA français du moment que sont Saladine Parnasse, Axel Sola, ou plus proche de nous, le poitevin Gabriel Levan.
Une habileté spécifique, le talent, sans l'entraînement de la répétition ne suffisent pas pour être performant dans l'octogone. L'athlète devient performant à force de travail acharné, montrant une abnégation à la dureté des entraînements, à la discipline que cela requiert. Ainsi, son mental se forgera, sa compréhension du jeu le mènera à développer son fight IQ.
La performance, c'est une alchimie de tout cela, qui se matérialise par la victoire, voire une victoire avant la limite. La cerise sur le gâteau.
Le pouvoir de faire
Paraphasant Bruce Lee : N'utilise pas la technique, soit la technique.
Maintenant, es-tu prêt à aménager ton temps, faire des sacrifices, à surmonter les obstacles : blessures, contraintes diverses comme passer en second plan partie de ta vie sociale, familiale, etc, nécessaires afin de « pouvoir faire » - entendu par le pouvoir de faire concrètement les choses - ?
Ce sera le point de départ pour intégrer le groupe compétition performance que je propose au sein du club.
Pour approfondir votre connaissance et votre pratique du MMA dans la dimension du jeu debout, le striking, je vous recommande la lecture de mon ouvrage Secrets du jeu debout en MMA.
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DC



